TURCS ET ARMENIENS : INSEPARABLES DEVENUS ENNEMIS ?
Jean Eckian
armenews.com
lundi 9 mai 2011
Dans la première partie de son article, le collaborateur au journal
Aravot analyse correctement la politique de la Turquie dans la periode
recente. Il y decrit les limites de la posture de la Turquie arc-boutee
sur la negation du Genocide.
Dans le deuxième paragraphe, il attribue au gouvernement turc actuel
des initiatives en direction de la diaspora pour des rencontres. Il
nous avait pourtant semble qu'aux yeux de son premier ministre, le
problème de la Republique d'Armenie c'etait la diaspora armenienne. Il
l'avait repete en diverses circonstances.
Le journaliste va ensuite malheureusement changer de vision : le
Genocide des Armeniens devient une erreur de l'histoire, il decrit
un Armenien de Floride qui aime beaucoup la Turquie ; le meme espère
beaucoup de l'ouverture de la frontière mais ni lui, ni l'auteur de
l'article ne disent que ce sont les Turcs qui la tiennent fermee. Pour
un autre armenien de la diaspora, sa famille a survecu a la guerre. On
pensait qu'elle aurait dû survivre au Genocide.
L'auteur revient trois fois sur l'expression terre ottomane pour
les lieux où vivaient les Armeniens. On peut se demander la raison
d'une telle insistance, d'autant que le professeur Armenien juge les
revendications de terres desormais impensables.
L'article fait etat a la fin de prejuges qu'il attribue a l'Armenie
et la Turquie : une fois de plus, le bourreau et la victime renvoyes
dos a dos.
Sous des aspects faussement objectifs et humanistes, ce genre d'analyse
constitue pour tous les Armeniens, ceux de la Republique d'Armenie,
ceux d'Artsakh et ceux de la diaspora, un piège destine a les diviser.
GB
Les memes Turcs et Armeniens qui etaient hier inseparables sont ils
a present ennemis ?
Par Mehmet Fatih Ostarzu * publie dans Today's Zaman
La Turquie, qui avait pris conscience de la sensibilite autour de
la question armenienne a travers le monde après les attaques de
l'Armee Secrète pour la Liberation de l'Armenie (ASALA), montre la
meme impreparation chaque annee sur la mise en forme de son approche
sur les evenements du 24 avril.
La Turquie, qui est sur le point de perdre ce combat particulier,
au moins theoriquement, a prolonge ce combat essentiellement par la
fermeture de la frontière et par des incidents verbaux avec la diaspora
armenienne. Et il est clair a present qu'aucune de ces tactiques n'a
rapporte beaucoup a la Turquie. S'agissant des efforts de la Turquie
envers les pays voisins et la diaspora armenienne, ils n'ont resulte
qu'en l'inscription de nouveaux projets de resolution dans les agenda
ainsi qu'a une augmentation de la pression de divers pays interesses
par la Turquie. En particulier, la curiosite et les espoirs croissants
suscites chaque annee par la position que les USA adopteront sur la
question epuise litteralement le Ministre turc des Affaires Etrangères.
Un autre facteur poussant la Turquie dans l'impasse, dans l'arène
internationale, est son manque d'efforts publics envers l'Armenie,
ainsi que le fait qu'elle n'a pas cree de groupes de pression
antagonistes dans les pays où les groupes de pression armeniens sont
deja forts. Le fait que le 24 avril est tombe cette annee le jour
de Pâques a donne aux Armeniens une bonne occasion de montrer leurs
sentiments religieux et national peut-etre encore plus que d'habitude.
Et en Turquie, les manifestations influents qui se sont deroulees a
ce sujet montrent qu'il est temps a present de soulever la question
avec prudence et sang froid. La communication saine qui fait defaut
entre la Turquie et l'Armenie peut-elle s'etablir entre la Turquie
et la diaspora armenienne ?
Efforts Mutuels
Dans ces pays où le groupe de pression armenien et la diaspora sont
influents, il y a de la part de la Turquie des efforts d'organiser des
manifestations mixtes, des programmes et autres types de rencontres
avec ces groupes armeniens. Mais meme si ce n'est que de temps
a autres, la Turquie essaie tout a fait assidûment de creer une
atmosphère de dialogue avec certains groupes armeniens. Et les efforts
politiques en etant a ce point, c'est le vaste reseau d'organisations
de la societe civile qui peut prendre le relai, reussissant la où
les etats ont montre leur incapacite. Dans un tout proche avenir,
les organisations de la societe civile semblent pretes a montrer leur
influence en aidant a trouver des solutions aux problèmes communs.
Nous-memes, nous aussi, avec nos initiatives dans le domaine de la
societe civile, examinons de près la communaute armenienne aux USA
et travaillons a aider a la creation d'un dialogue.
Les pensees communes de la plupart des Armeniens, independamment
de la date de leur arrivee aux USA, concerne l'acceptation par
la Turquie de ses erreurs historiques, et l'ouverture de voies de
progrès de cooperation regionale. L'avocat et ecrivain Mark Mustian,
dont les aïeux sont arrives aux USA il y a près de 200 ans venant de
terres ottomanes, pense de meme. Le fait que ses ancetres, qui sont
venus aux USA pour profiter de l'abondance des opportunites qu'on
y trouvait, ont preserve, au moins jusqu'a un certain point, leur
identite armenienne, est ce qui inspire aujourd'hui Mustian son sens
des responsabilites envers ses camarades les Armeniens. Mustian, qui
a pratique le droit pendant plusieurs annees en Floride, a commence a
ecrire une nouvelle il y a quelques annees sur le fosse creuse entre
les communautes turque et armenienne. La nouvelle, qui a pour titre
"Le Gendarme", a ete ecrite pendant sept annees puis publiee aux USA,
en France ; en Espagne, en Grèce, en Italie, en Israël, au Bresil et
au Royaume-Uni. Mustian, qui dit que la raison qui l'a fait ecrire
ce livre etait un sentiment de malaise vis-a-vis de l'ignorance des
Armeniens des USA envers leur propre histoire et leur identite, note
que 70 pour cent des Armeniens de la diaspora apportent constamment
des faits historiques sur l'agenda, tandis que 10 autres pour cent
vivent complètement dans l'ignorance de ce qu'est vraiment l'identite
armenienne. Il note aussi que vingt autres pour cent a peu près ont
des positions moderees sur les faits historiques ou la question de l'
identite armenienne. Mustian qui dit avoir visite la Turquie mais
n'avoir pas eu l'occasion de se rendre en Armenie, dit qu'il aime
beaucoup la Turquie et lorsque les relations avec l'Armenie sont
evoquees - Ankara et Erevan doivent agir d'un commun accord. Il croit
aussi que l'ouverture des frontières entre la Turquie et l'Armenie
ameliorera les interactions culturelles et que beaucoup de problèmes
seront resolus plus vite qu'on ne le croit en general.
Vasken Hagopian et Zohrap Havsapian sont deux Armeniens qui vivent
en Floride et ont des approches moderees du fond des relations avec
la Turquie. Hagopian, dont les ancetres sont d'Adana, enseigne encore
la physique et l'astronomie a l'Universite d'Etat de Floride en tant
que professeur. La famille d'Hagopian a perdu beaucoup de ses membres,
et la famille a migre de Turquie en Syrie, au Liban, en France et en
Grèce. Son père a travaille dans les eglises en terre ottomane et a
reuni beaucoup de ses souvenirs de cette epoque dans un livre.
Hagopian qualifie les relations entre l'Armenie et sa diaspora
comme tant "perpetuellement fondee sur l'assistance", et note aussi
que selon lui, il est peu probable que la Turquie soit admise dans
l'Union Europeenne. Hagopian dit aussi qu'il est impensable que ces
deux anciennes civilisations et peuples puissent vivre l'un a côte de
l'autre sans developper un dialogue. Il affirme egalement qu'il est
tout simplement impossible que l'Armenie puisse politiquement faire
aucune demande de terre d'Anatolie de l'est.
Pas sans le dialogue
Pour ce qui concerne Hovsapian sa famille est originaire de Silvan
dans la province de Diyarbakir. Les cinq personnes de sa famille qui
ont survecu au temps de la guerre ont emigre de Syrie en France. Les
anciens de la famille ont non seulement publie leur propres souvenirs
de ces temps, mais ont aussi change leur patronyme en Keshishian,
qu'il avaient sur le sol ottoman en Hovsapian. Telles qu'Hovsapian voit
les choses, le monde d'aujourd'hui est invivable a quiconque refuse
de dialoguer. Hovsapian, qui affirme aussi que l'Union Sovietique a
elimine le sentiment national, dit que les quatorze point de Woodrow
Wilson sont pour lui très importants. Ces principes demontrent que
pour le peuple des nations, offrir son sort aux etats ou pour se voir
deposseder par ces memes etats est inacceptable.
Hovsapian, dont nous avons appris qu'il avait de nombreux amis en
Turquie, pense qu'il est d'importance vitale que la Turquie developpe
ses relations avec l'Armenie dans un futur proche, et que les deux
pays soient impliques dans des projets communs. Il est tout a fait sûr
que la Turquie et l'Armenie, travaillant ensemble, puisse remporter
des succès importants. A la fin, les deux etats declareront que la
paix est impossible sans dialogue, et que chacun doit faire sa part
de progrès dans ce sens.
Le temps passant, ces deux communautes de Turcs et d'Armeniens,
qui ont ete lies de près - comme voisins, fermiers, amis de classe,
par alliance et collègues de travail - ont subi l'eloignement l'un
de l'autre du fait d'une rupture de 100 ans, mais cette rupture n'a
pas pu effacer les traces d'un parcours ensemble de 1 000 ans. Les
prejuges apportes par les approches politiques de part et d'autre,
ont induit beaucoup d'hesitations de part et d'autre sur le route a
suivre. D'un côte, vous avez des peuples nationaux incapables d'engager
le dialogue, tandis que de l'autre, vous avez des groupe de la diaspora
qui ne peuvent se rejoindre a mi-chemin ; ces facteurs transforment la
question dans sa globalite en une sorte de syndrome incurable. Pour se
debarrasser de ce syndrome, la Turquie doit accelerer ses initiatives
diplomatiques envers l'Armenie, tout en entreprenant des choses qui
reussiront pour les Armeniens a la fois a l'est et a l'ouest. Ce
dont les Armeniens ont vraiment besoin sont des mots sur la possible
cooperation, pas sur les conflits ou les desaccords. Dans tous les
cas, ce qui est tout a fait clair, c'est a qui cette animosite cause
de reels dommages et a qui elle profite.
* Mehmet Fatih Oztarsu est un auteur qui ecrit dans le journal
d'Armenie Aravot
From: A. Papazian
Jean Eckian
armenews.com
lundi 9 mai 2011
Dans la première partie de son article, le collaborateur au journal
Aravot analyse correctement la politique de la Turquie dans la periode
recente. Il y decrit les limites de la posture de la Turquie arc-boutee
sur la negation du Genocide.
Dans le deuxième paragraphe, il attribue au gouvernement turc actuel
des initiatives en direction de la diaspora pour des rencontres. Il
nous avait pourtant semble qu'aux yeux de son premier ministre, le
problème de la Republique d'Armenie c'etait la diaspora armenienne. Il
l'avait repete en diverses circonstances.
Le journaliste va ensuite malheureusement changer de vision : le
Genocide des Armeniens devient une erreur de l'histoire, il decrit
un Armenien de Floride qui aime beaucoup la Turquie ; le meme espère
beaucoup de l'ouverture de la frontière mais ni lui, ni l'auteur de
l'article ne disent que ce sont les Turcs qui la tiennent fermee. Pour
un autre armenien de la diaspora, sa famille a survecu a la guerre. On
pensait qu'elle aurait dû survivre au Genocide.
L'auteur revient trois fois sur l'expression terre ottomane pour
les lieux où vivaient les Armeniens. On peut se demander la raison
d'une telle insistance, d'autant que le professeur Armenien juge les
revendications de terres desormais impensables.
L'article fait etat a la fin de prejuges qu'il attribue a l'Armenie
et la Turquie : une fois de plus, le bourreau et la victime renvoyes
dos a dos.
Sous des aspects faussement objectifs et humanistes, ce genre d'analyse
constitue pour tous les Armeniens, ceux de la Republique d'Armenie,
ceux d'Artsakh et ceux de la diaspora, un piège destine a les diviser.
GB
Les memes Turcs et Armeniens qui etaient hier inseparables sont ils
a present ennemis ?
Par Mehmet Fatih Ostarzu * publie dans Today's Zaman
La Turquie, qui avait pris conscience de la sensibilite autour de
la question armenienne a travers le monde après les attaques de
l'Armee Secrète pour la Liberation de l'Armenie (ASALA), montre la
meme impreparation chaque annee sur la mise en forme de son approche
sur les evenements du 24 avril.
La Turquie, qui est sur le point de perdre ce combat particulier,
au moins theoriquement, a prolonge ce combat essentiellement par la
fermeture de la frontière et par des incidents verbaux avec la diaspora
armenienne. Et il est clair a present qu'aucune de ces tactiques n'a
rapporte beaucoup a la Turquie. S'agissant des efforts de la Turquie
envers les pays voisins et la diaspora armenienne, ils n'ont resulte
qu'en l'inscription de nouveaux projets de resolution dans les agenda
ainsi qu'a une augmentation de la pression de divers pays interesses
par la Turquie. En particulier, la curiosite et les espoirs croissants
suscites chaque annee par la position que les USA adopteront sur la
question epuise litteralement le Ministre turc des Affaires Etrangères.
Un autre facteur poussant la Turquie dans l'impasse, dans l'arène
internationale, est son manque d'efforts publics envers l'Armenie,
ainsi que le fait qu'elle n'a pas cree de groupes de pression
antagonistes dans les pays où les groupes de pression armeniens sont
deja forts. Le fait que le 24 avril est tombe cette annee le jour
de Pâques a donne aux Armeniens une bonne occasion de montrer leurs
sentiments religieux et national peut-etre encore plus que d'habitude.
Et en Turquie, les manifestations influents qui se sont deroulees a
ce sujet montrent qu'il est temps a present de soulever la question
avec prudence et sang froid. La communication saine qui fait defaut
entre la Turquie et l'Armenie peut-elle s'etablir entre la Turquie
et la diaspora armenienne ?
Efforts Mutuels
Dans ces pays où le groupe de pression armenien et la diaspora sont
influents, il y a de la part de la Turquie des efforts d'organiser des
manifestations mixtes, des programmes et autres types de rencontres
avec ces groupes armeniens. Mais meme si ce n'est que de temps
a autres, la Turquie essaie tout a fait assidûment de creer une
atmosphère de dialogue avec certains groupes armeniens. Et les efforts
politiques en etant a ce point, c'est le vaste reseau d'organisations
de la societe civile qui peut prendre le relai, reussissant la où
les etats ont montre leur incapacite. Dans un tout proche avenir,
les organisations de la societe civile semblent pretes a montrer leur
influence en aidant a trouver des solutions aux problèmes communs.
Nous-memes, nous aussi, avec nos initiatives dans le domaine de la
societe civile, examinons de près la communaute armenienne aux USA
et travaillons a aider a la creation d'un dialogue.
Les pensees communes de la plupart des Armeniens, independamment
de la date de leur arrivee aux USA, concerne l'acceptation par
la Turquie de ses erreurs historiques, et l'ouverture de voies de
progrès de cooperation regionale. L'avocat et ecrivain Mark Mustian,
dont les aïeux sont arrives aux USA il y a près de 200 ans venant de
terres ottomanes, pense de meme. Le fait que ses ancetres, qui sont
venus aux USA pour profiter de l'abondance des opportunites qu'on
y trouvait, ont preserve, au moins jusqu'a un certain point, leur
identite armenienne, est ce qui inspire aujourd'hui Mustian son sens
des responsabilites envers ses camarades les Armeniens. Mustian, qui
a pratique le droit pendant plusieurs annees en Floride, a commence a
ecrire une nouvelle il y a quelques annees sur le fosse creuse entre
les communautes turque et armenienne. La nouvelle, qui a pour titre
"Le Gendarme", a ete ecrite pendant sept annees puis publiee aux USA,
en France ; en Espagne, en Grèce, en Italie, en Israël, au Bresil et
au Royaume-Uni. Mustian, qui dit que la raison qui l'a fait ecrire
ce livre etait un sentiment de malaise vis-a-vis de l'ignorance des
Armeniens des USA envers leur propre histoire et leur identite, note
que 70 pour cent des Armeniens de la diaspora apportent constamment
des faits historiques sur l'agenda, tandis que 10 autres pour cent
vivent complètement dans l'ignorance de ce qu'est vraiment l'identite
armenienne. Il note aussi que vingt autres pour cent a peu près ont
des positions moderees sur les faits historiques ou la question de l'
identite armenienne. Mustian qui dit avoir visite la Turquie mais
n'avoir pas eu l'occasion de se rendre en Armenie, dit qu'il aime
beaucoup la Turquie et lorsque les relations avec l'Armenie sont
evoquees - Ankara et Erevan doivent agir d'un commun accord. Il croit
aussi que l'ouverture des frontières entre la Turquie et l'Armenie
ameliorera les interactions culturelles et que beaucoup de problèmes
seront resolus plus vite qu'on ne le croit en general.
Vasken Hagopian et Zohrap Havsapian sont deux Armeniens qui vivent
en Floride et ont des approches moderees du fond des relations avec
la Turquie. Hagopian, dont les ancetres sont d'Adana, enseigne encore
la physique et l'astronomie a l'Universite d'Etat de Floride en tant
que professeur. La famille d'Hagopian a perdu beaucoup de ses membres,
et la famille a migre de Turquie en Syrie, au Liban, en France et en
Grèce. Son père a travaille dans les eglises en terre ottomane et a
reuni beaucoup de ses souvenirs de cette epoque dans un livre.
Hagopian qualifie les relations entre l'Armenie et sa diaspora
comme tant "perpetuellement fondee sur l'assistance", et note aussi
que selon lui, il est peu probable que la Turquie soit admise dans
l'Union Europeenne. Hagopian dit aussi qu'il est impensable que ces
deux anciennes civilisations et peuples puissent vivre l'un a côte de
l'autre sans developper un dialogue. Il affirme egalement qu'il est
tout simplement impossible que l'Armenie puisse politiquement faire
aucune demande de terre d'Anatolie de l'est.
Pas sans le dialogue
Pour ce qui concerne Hovsapian sa famille est originaire de Silvan
dans la province de Diyarbakir. Les cinq personnes de sa famille qui
ont survecu au temps de la guerre ont emigre de Syrie en France. Les
anciens de la famille ont non seulement publie leur propres souvenirs
de ces temps, mais ont aussi change leur patronyme en Keshishian,
qu'il avaient sur le sol ottoman en Hovsapian. Telles qu'Hovsapian voit
les choses, le monde d'aujourd'hui est invivable a quiconque refuse
de dialoguer. Hovsapian, qui affirme aussi que l'Union Sovietique a
elimine le sentiment national, dit que les quatorze point de Woodrow
Wilson sont pour lui très importants. Ces principes demontrent que
pour le peuple des nations, offrir son sort aux etats ou pour se voir
deposseder par ces memes etats est inacceptable.
Hovsapian, dont nous avons appris qu'il avait de nombreux amis en
Turquie, pense qu'il est d'importance vitale que la Turquie developpe
ses relations avec l'Armenie dans un futur proche, et que les deux
pays soient impliques dans des projets communs. Il est tout a fait sûr
que la Turquie et l'Armenie, travaillant ensemble, puisse remporter
des succès importants. A la fin, les deux etats declareront que la
paix est impossible sans dialogue, et que chacun doit faire sa part
de progrès dans ce sens.
Le temps passant, ces deux communautes de Turcs et d'Armeniens,
qui ont ete lies de près - comme voisins, fermiers, amis de classe,
par alliance et collègues de travail - ont subi l'eloignement l'un
de l'autre du fait d'une rupture de 100 ans, mais cette rupture n'a
pas pu effacer les traces d'un parcours ensemble de 1 000 ans. Les
prejuges apportes par les approches politiques de part et d'autre,
ont induit beaucoup d'hesitations de part et d'autre sur le route a
suivre. D'un côte, vous avez des peuples nationaux incapables d'engager
le dialogue, tandis que de l'autre, vous avez des groupe de la diaspora
qui ne peuvent se rejoindre a mi-chemin ; ces facteurs transforment la
question dans sa globalite en une sorte de syndrome incurable. Pour se
debarrasser de ce syndrome, la Turquie doit accelerer ses initiatives
diplomatiques envers l'Armenie, tout en entreprenant des choses qui
reussiront pour les Armeniens a la fois a l'est et a l'ouest. Ce
dont les Armeniens ont vraiment besoin sont des mots sur la possible
cooperation, pas sur les conflits ou les desaccords. Dans tous les
cas, ce qui est tout a fait clair, c'est a qui cette animosite cause
de reels dommages et a qui elle profite.
* Mehmet Fatih Oztarsu est un auteur qui ecrit dans le journal
d'Armenie Aravot
From: A. Papazian