POUR LA PENALISATION DU NEGATIONNISME, PAR RENE DZAGOYAN
Nous publions ci-dessous le discours prononce par Rene Dzagoyan*
le 30 janvier a Valence dans le cadre d'une reunion organisee pour
celebrer l'anniversaire du vote de la loi de reconnaissance du
genocide armenien.
Chers representants du corps ecclesiastique, mesdames et messieurs
les elus, chers amis,
Voila maintenant plus de dix ans que se perpetue la tradition de feter
en ce mois de janvier, le vote de la loi de 2001 sur la reconnaissance
du genocide de 1915 par le Parlement, comme pour demontrer chaque
annee, a date fixe, que nous sommes un peuple de memoire. Et nous
le sommes. Un recent ouvrage a montre qu'en France, partout où elle
est passee, la memoire armenienne s'est inscrite dans la pierre,
sanctuaires, khatchkars, ecoles, stèles et monuments. Pour le coup,
pour nous, peuple de pierre, cette reconnaissance de 2001 s'elève
comme une statue. Une statue particulière, taillee dans le marbre de
notre legislation, simple et belle, mais helas, sans bras. Elle se
laisse regarder, admirer, venerer, mais elle n'a pas force de loi.
C'est en quelque sorte la Venus de Milo du droit francais.
Lorsqu'on la regarde, on ne peut s'empecher de vouloir qu'elle soit
une statue legislative comme les autres, le glaive dans une main, la
balance de la justice dans l'autre. Aussi, en la commemorant, c'est
en realite a la loi sur la penalisation de sa negation que l'on pense.
Mais qu'en dire ?
Tout a ete dit et ecrit a son sujet. En mars 2006, dans une niche
parlementaire socialiste, l'Assemblee Nationale y consacrait tout un
debat, brusquement interrompue par son president d'alors, Jean-Louis
Debre. En octobre de la meme annee, la meme question etait debattue
dans le cadre d'une meme niche, avec cette fois, un vote positif de
l'ensemble des partis. Cinq ans plus tard, en janvier 2011, ce sont
cette fois les senateurs qui decortiquent le texte pour le rejeter.
Mais il revient en decembre 2011 sous la forme de la loi Boyer, vote
par le Palais Bourbon. Mais, on le sait, il est confirme en janvier
2012 par la Haute Assemblee, mais retoque en fevrier par le Conseil
Constitutionnel, la encore preside par Jean-Louis Debre, au titre de
la liberte d'expression... Pendant des mois, les medias ont ecrit tout
et son contraire sur le sujet, parfois avec mauvaise foi, souvent avec
raison, toujours avec passion... On a connu ainsi bien des batailles
pour une simple loi, comme si, derrière elle, au-dela de son caractère
proprement armenien, se profilait une autre question qui, elle,
toucherait tout particulièrement la France et sa politique etrangère.
Pourtant cette loi, si elle avait ete inscrite dans nos codes,
n'aurait, somme toute, affecte les Francais que très marginalement.
Car, au fond, aujourd'hui, quel serait l'historien dûment diplôme par
nos academies qui s'aventurerait a soutenir que le Genocide de 1915
n'a pas eu lieu, quand on sait que c'est la France la première qui a
eleve sa voix pour en condamner les premisses, avec Jean Jaurès en 1896
et les conclusions avec Clemenceau en 1919 ? C'est encore en France,
particulièrement avec les livres de Jean-Marie Carzou et Yves Ternon,
dans les annees 70, qu'ont ete publiees les premières etudes sur le
Genocide. C'est encore a l'initiative de parlementaires europeens
issus de France que sa reconnaissance a ete plebiscitee a Bruxelles
en 1984, et a l'initiative de tous les partis francais enfin que cette
reconnaissance a ete gravee dans le bronze de la loi en 2001. On peut
donc le dire avec fierte : il y a aujourd'hui en France unanimite a
considerer comme indiscutable l'existence de ce crime commis voila
maintenant plus d'un siècle. A preuve, il figure desormais dans
les livres de classe de nos enfants. Une loi qui en penaliserait
la negation ne briderait ainsi pas plus la liberte d'expression
des historiens, des journalistes, des politiques ou des ecrivains,
parce que c'est eux qui ont permis sa reconnaissance. C'est grâce
a leurs travaux, a leurs discours et a leur courage que le genocide
des Armeniens est maintenant inscrit dans la conscience publique.
Alors qui cette loi vise-t-elle ? Un evenement recent peut nous
aider a le comprendre. Au cours des elections municipales de 2008, le
maire de Villeurbanne, Jean-Paul Bret, constitue sa liste. Un membre
du parti Europe-Ecologie-Les Verts, se propose dans sa liste. Elle
s'appelle Sirma Oran-Martz et revendique ses origines turques. Pour
bien marquer ses positions, elle participe en 2006 a une marche
negationniste a Lyon, organisee de toute evidence par le consul de
Turquie. M. Bret est l'un des promoteurs de la loi de 2001. Il demande
donc a l'impetrante si elle partage ses valeurs et son engagement en
faveur de la reconnaissance du Genocide. Cette simple question lui
vaudra un procès pour discrimination.
Le raisonnement du negationniste est simple : puisque le genocide de
1915 n'a pas eu lieu, il n'est pas legal d'ecarter un candidat qui
le nie, meme si celui qui l'ecarte s'est battu pour sa reconnaissance.
Naturellement, la candidate a ete condamnee aux depens.
L'affaire aurait pu en rester la si un journaliste de Lyon,
d'origine armenienne, Laurent Leylekian, n'avait retrace l'episode en
mentionnant, je cite " Ainsi, aux yeux de Mme Oran-Martz, le " crime
" de Jean-Paul Bret est de ne pas partager ses vues negationnistes. "
Et de devoiler la strategie exterieure qui se cache derrière ces
pratiques. Mal lui en a pris ! Il a ete, lui aussi, assigne en justice
par cette meme dame, au chef que l'article la deshumanisait. Le
jugement n'est pas encore rendu mais le raisonnement de l'accusation,
exprime il y a seulement quelques jours, est aussi simple que le
premier : puisque la negation du genocide armenien est legale,
sa denonciation et sa stigmatisation sont illegales. Aux yeux du
negationniste, ce n'est pas le negationnisme qui doit etre condamnee.
Bien au contraire, c'est celui qui le montre du doigt. Ainsi, en
l'absence de loi parce que le negationniste est dans la legalite,
celui qui le denonce est dans l'illegalite. En un mot, en l'absence
de loi, la victime devient bourreau et le bourreau devient victime.
Inversion des rôles. C'est cette logique la que l'on voit a l'~\uvre
dès que l'on touche a une question qui concerne la Turquie, bien
au-dela de la question armenienne. Que l'on reprouve les procès
intentes au prix Nobel Orhan Pamuk refugie aux Etats-Unis pour avoir
reconnu le genocide, que l'on s'indigne au procès du pianiste Fazil Say
contraint a l'exil pour avoir proclame son atheisme, qu'on soutienne
la sociologue Pinar Selek, condamne a perpetuite pour ses supposees
sympathies pro-kurdes, on est taxe d'anti-turquisme primaire, donc
de discrimination, donc de racisme, voire d'anti-islamisme. Que l'on
soutienne les Kurdes dans leur combat pour la liberte, on vise a
l'eclatement d'une nation. Que l'on defende l'unite de Chypre, pays
membre, a part entière de l'Union europeenne, on brime les droits
des Turcs qui y vivent. Qu'on reprouve l'existence denombre par la
Commission europeenne de 1 300 000 personnes accusees de crime par la
justice turque, essentiellement des Kurdes, on devient complice de
repris de justice. Qu'on denonce le soutien actif et arme d'Ankara
aux djihadistes venus de tous bords pour mettre la Syrie a feu et a
sang, on est le defenseur d'une dictature. Et le reste a l'avenant. Le
bourreau devient la victime et la victime le bourreau.
C'est de cette logique la dont on nous rebat les oreilles et dont on
devient nous-memes les victimes. C'est de cette logique la qu'il faut
nous sortir.
La loi contre le negationnisme n'est pas une loi qui vise seulement
a defendre les droits et la memoire des Francais d'origine armenienne.
C'est une loi qui vise a mettre un terme a un système où celui qui
brime passe pour celui qui est brime, où celui qui emprisonne passe
pour celui qu'on veut emprisonner, où celui qui tue passe pour celui
qu'on veut tuer.
En depit de toutes les propagandes, de tous les Instituts du Bosphore
truffes de journalistes et de personnalites politiques de droite comme
de gauche, la France doit rester la France. A plusieurs reprises, bien
avant les elections et peu après, l'actuel president de la Republique
s'est engage, personnellement, a presenter un texte constitutionnel
qui brisera, au moins sur le sol francais, cette logique perverse du
negationnisme. Par le passe, tous les partis ont approuve le principe
d'une telle loi.
Lorsqu'il sera presente, et il faut qu'il le soit, ce texte doit
etre approuve par l'unanimite des suffrages. C'est aux elus, quel
que soit leur rang et quel que soit leur tendance, que revient ce
devoir d'exiger ce texte, de le soutenir et pour certains de le voter
parce que c'est a eux que revient l'honneur de faire en sorte que
la France de Jaurès et de Clemenceau reste la France de demain. En
tout cas, nous, les Armeniens de France, nous y veillerons et nous
n'y renoncerons jamais.
Rene Dzagoyan Ecrivain, president de l'association des amis de
l'ambassade d'Armenie.
vendredi 1er fevrier 2013, Ara ©armenews.com
From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress
Nous publions ci-dessous le discours prononce par Rene Dzagoyan*
le 30 janvier a Valence dans le cadre d'une reunion organisee pour
celebrer l'anniversaire du vote de la loi de reconnaissance du
genocide armenien.
Chers representants du corps ecclesiastique, mesdames et messieurs
les elus, chers amis,
Voila maintenant plus de dix ans que se perpetue la tradition de feter
en ce mois de janvier, le vote de la loi de 2001 sur la reconnaissance
du genocide de 1915 par le Parlement, comme pour demontrer chaque
annee, a date fixe, que nous sommes un peuple de memoire. Et nous
le sommes. Un recent ouvrage a montre qu'en France, partout où elle
est passee, la memoire armenienne s'est inscrite dans la pierre,
sanctuaires, khatchkars, ecoles, stèles et monuments. Pour le coup,
pour nous, peuple de pierre, cette reconnaissance de 2001 s'elève
comme une statue. Une statue particulière, taillee dans le marbre de
notre legislation, simple et belle, mais helas, sans bras. Elle se
laisse regarder, admirer, venerer, mais elle n'a pas force de loi.
C'est en quelque sorte la Venus de Milo du droit francais.
Lorsqu'on la regarde, on ne peut s'empecher de vouloir qu'elle soit
une statue legislative comme les autres, le glaive dans une main, la
balance de la justice dans l'autre. Aussi, en la commemorant, c'est
en realite a la loi sur la penalisation de sa negation que l'on pense.
Mais qu'en dire ?
Tout a ete dit et ecrit a son sujet. En mars 2006, dans une niche
parlementaire socialiste, l'Assemblee Nationale y consacrait tout un
debat, brusquement interrompue par son president d'alors, Jean-Louis
Debre. En octobre de la meme annee, la meme question etait debattue
dans le cadre d'une meme niche, avec cette fois, un vote positif de
l'ensemble des partis. Cinq ans plus tard, en janvier 2011, ce sont
cette fois les senateurs qui decortiquent le texte pour le rejeter.
Mais il revient en decembre 2011 sous la forme de la loi Boyer, vote
par le Palais Bourbon. Mais, on le sait, il est confirme en janvier
2012 par la Haute Assemblee, mais retoque en fevrier par le Conseil
Constitutionnel, la encore preside par Jean-Louis Debre, au titre de
la liberte d'expression... Pendant des mois, les medias ont ecrit tout
et son contraire sur le sujet, parfois avec mauvaise foi, souvent avec
raison, toujours avec passion... On a connu ainsi bien des batailles
pour une simple loi, comme si, derrière elle, au-dela de son caractère
proprement armenien, se profilait une autre question qui, elle,
toucherait tout particulièrement la France et sa politique etrangère.
Pourtant cette loi, si elle avait ete inscrite dans nos codes,
n'aurait, somme toute, affecte les Francais que très marginalement.
Car, au fond, aujourd'hui, quel serait l'historien dûment diplôme par
nos academies qui s'aventurerait a soutenir que le Genocide de 1915
n'a pas eu lieu, quand on sait que c'est la France la première qui a
eleve sa voix pour en condamner les premisses, avec Jean Jaurès en 1896
et les conclusions avec Clemenceau en 1919 ? C'est encore en France,
particulièrement avec les livres de Jean-Marie Carzou et Yves Ternon,
dans les annees 70, qu'ont ete publiees les premières etudes sur le
Genocide. C'est encore a l'initiative de parlementaires europeens
issus de France que sa reconnaissance a ete plebiscitee a Bruxelles
en 1984, et a l'initiative de tous les partis francais enfin que cette
reconnaissance a ete gravee dans le bronze de la loi en 2001. On peut
donc le dire avec fierte : il y a aujourd'hui en France unanimite a
considerer comme indiscutable l'existence de ce crime commis voila
maintenant plus d'un siècle. A preuve, il figure desormais dans
les livres de classe de nos enfants. Une loi qui en penaliserait
la negation ne briderait ainsi pas plus la liberte d'expression
des historiens, des journalistes, des politiques ou des ecrivains,
parce que c'est eux qui ont permis sa reconnaissance. C'est grâce
a leurs travaux, a leurs discours et a leur courage que le genocide
des Armeniens est maintenant inscrit dans la conscience publique.
Alors qui cette loi vise-t-elle ? Un evenement recent peut nous
aider a le comprendre. Au cours des elections municipales de 2008, le
maire de Villeurbanne, Jean-Paul Bret, constitue sa liste. Un membre
du parti Europe-Ecologie-Les Verts, se propose dans sa liste. Elle
s'appelle Sirma Oran-Martz et revendique ses origines turques. Pour
bien marquer ses positions, elle participe en 2006 a une marche
negationniste a Lyon, organisee de toute evidence par le consul de
Turquie. M. Bret est l'un des promoteurs de la loi de 2001. Il demande
donc a l'impetrante si elle partage ses valeurs et son engagement en
faveur de la reconnaissance du Genocide. Cette simple question lui
vaudra un procès pour discrimination.
Le raisonnement du negationniste est simple : puisque le genocide de
1915 n'a pas eu lieu, il n'est pas legal d'ecarter un candidat qui
le nie, meme si celui qui l'ecarte s'est battu pour sa reconnaissance.
Naturellement, la candidate a ete condamnee aux depens.
L'affaire aurait pu en rester la si un journaliste de Lyon,
d'origine armenienne, Laurent Leylekian, n'avait retrace l'episode en
mentionnant, je cite " Ainsi, aux yeux de Mme Oran-Martz, le " crime
" de Jean-Paul Bret est de ne pas partager ses vues negationnistes. "
Et de devoiler la strategie exterieure qui se cache derrière ces
pratiques. Mal lui en a pris ! Il a ete, lui aussi, assigne en justice
par cette meme dame, au chef que l'article la deshumanisait. Le
jugement n'est pas encore rendu mais le raisonnement de l'accusation,
exprime il y a seulement quelques jours, est aussi simple que le
premier : puisque la negation du genocide armenien est legale,
sa denonciation et sa stigmatisation sont illegales. Aux yeux du
negationniste, ce n'est pas le negationnisme qui doit etre condamnee.
Bien au contraire, c'est celui qui le montre du doigt. Ainsi, en
l'absence de loi parce que le negationniste est dans la legalite,
celui qui le denonce est dans l'illegalite. En un mot, en l'absence
de loi, la victime devient bourreau et le bourreau devient victime.
Inversion des rôles. C'est cette logique la que l'on voit a l'~\uvre
dès que l'on touche a une question qui concerne la Turquie, bien
au-dela de la question armenienne. Que l'on reprouve les procès
intentes au prix Nobel Orhan Pamuk refugie aux Etats-Unis pour avoir
reconnu le genocide, que l'on s'indigne au procès du pianiste Fazil Say
contraint a l'exil pour avoir proclame son atheisme, qu'on soutienne
la sociologue Pinar Selek, condamne a perpetuite pour ses supposees
sympathies pro-kurdes, on est taxe d'anti-turquisme primaire, donc
de discrimination, donc de racisme, voire d'anti-islamisme. Que l'on
soutienne les Kurdes dans leur combat pour la liberte, on vise a
l'eclatement d'une nation. Que l'on defende l'unite de Chypre, pays
membre, a part entière de l'Union europeenne, on brime les droits
des Turcs qui y vivent. Qu'on reprouve l'existence denombre par la
Commission europeenne de 1 300 000 personnes accusees de crime par la
justice turque, essentiellement des Kurdes, on devient complice de
repris de justice. Qu'on denonce le soutien actif et arme d'Ankara
aux djihadistes venus de tous bords pour mettre la Syrie a feu et a
sang, on est le defenseur d'une dictature. Et le reste a l'avenant. Le
bourreau devient la victime et la victime le bourreau.
C'est de cette logique la dont on nous rebat les oreilles et dont on
devient nous-memes les victimes. C'est de cette logique la qu'il faut
nous sortir.
La loi contre le negationnisme n'est pas une loi qui vise seulement
a defendre les droits et la memoire des Francais d'origine armenienne.
C'est une loi qui vise a mettre un terme a un système où celui qui
brime passe pour celui qui est brime, où celui qui emprisonne passe
pour celui qu'on veut emprisonner, où celui qui tue passe pour celui
qu'on veut tuer.
En depit de toutes les propagandes, de tous les Instituts du Bosphore
truffes de journalistes et de personnalites politiques de droite comme
de gauche, la France doit rester la France. A plusieurs reprises, bien
avant les elections et peu après, l'actuel president de la Republique
s'est engage, personnellement, a presenter un texte constitutionnel
qui brisera, au moins sur le sol francais, cette logique perverse du
negationnisme. Par le passe, tous les partis ont approuve le principe
d'une telle loi.
Lorsqu'il sera presente, et il faut qu'il le soit, ce texte doit
etre approuve par l'unanimite des suffrages. C'est aux elus, quel
que soit leur rang et quel que soit leur tendance, que revient ce
devoir d'exiger ce texte, de le soutenir et pour certains de le voter
parce que c'est a eux que revient l'honneur de faire en sorte que
la France de Jaurès et de Clemenceau reste la France de demain. En
tout cas, nous, les Armeniens de France, nous y veillerons et nous
n'y renoncerons jamais.
Rene Dzagoyan Ecrivain, president de l'association des amis de
l'ambassade d'Armenie.
vendredi 1er fevrier 2013, Ara ©armenews.com
From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress