NALBANDIAN : DE NOMBREUX PAYS ADOPTERONT UNE LOI SIMILAIRE A CELLE DE LA FRANCE
Jean Eckian
armenews.com
jeudi 1er mars 2012
Le ministre des Affaires etrangères, Edward Nalbandian a accorde une
interview au journal autrichien " Der Standard " deux jours avant
l'annonce du Conseil constitutionnel.
" Der Standard " : le Parlement francais a adopte recemment une loi qui
criminalise la negation du genocide, y compris la negation du massacre
des Armeniens dans l'Empire ottoman. Si l'Armenie examine cette loi
comme un modèle, qui devrait en prendre exemple dans d'autres pays
comme l'Autriche ?
Nalbandian : Modèle ou pas, je ne sais pas. De toute facon, je suis sûr
que, tant qu'il y a une politique d'Etat de deni du genocide armenien
en Turquie, de telles decisions seront prises par d'autres pays. Ceci
est un genocide - un crime contre l'humanite, il est reconnu comme
un genocide par de nombreux pays et organisations internationales. La
negation du genocide recoit une reponse appropriee. La France a adopte
une loi refletant les sentiments du peuple francais, l'opinion du
peuple. Je le sais depuis et après avoir ete ambassadeur en France.
" Der Standard " : En se referant a l'importante diaspora armenienne
en France, les critiques attribuees a l'adoption de la loi ont eu
une influence sur les elections presidentielles en France.
Nalbandian : Non, ce n'est pas le cas. La loi a le plein appui du
President de la France, le gouvernement, les principales forces
politiques en France. Que ce soit droite ou a gauche, le projet de
loi a ete vote et adopte par l'Assemblee nationale et le Senat. Ainsi,
l'adoption de la loi reflète l'opinion de tous les peuples de France.
La meme chose s'est produite en 2001 quand une loi a ete adoptee
reconnaissant le genocide armenien.
" Der Standard " : Un groupe de senateurs et de deputes ont fait appel,
après l'adoption de la loi, au Conseil constitutionnel, qui doit
statuer sur la conformite de la loi a la Constitution. La raison -
menace de la deterioration des relations avec la Turquie. Est-ce que
l'adoption de cette loi n'est pas contre-productive pour l'Armenie,
precisement au moment où elle fait des efforts pour creer de bonnes
relations avec la Turquie ?
Nalbandian : En premier lieu, cette loi n'a rien a voir avec le
règlement des relations armeno-turques. Si quelque chose a interfere
dans les relations armeno-turques, la responsabilite en revient a
l'approche de la partie turque. La partie turque après la signature des
protocoles a Zurich a pris un peu de recul, en refusant d'appliquer
les accords. La communaute internationale estime que la balle est
du côte turc en la matière. [En Avril 2010 le President armenien a
gele le processus de ratification du protocole sur l'etablissement
de relations diplomatiques entre les deux pays et l'ouverture des
frontières, signe en Octobre 2009. A Zurich, il avait dit que la
Turquie a toujours refuse de ratifier et d'appliquer les protocoles
en raison de conditions prealables]
" Der Standard " : Le recours aux Sages du Conseil constitutionnel
qui, en depit de l'approbation de la communaute en general, demeure
une loi controversee sur le genocide.
Nalbandian : Je ne pense pas que s'ingerer dans la decision du Conseil
constitutionnel serait un droit, c'est ce que la partie turque essaie
de faire. Ils se vantent de realiser un travail de lobbying efficace
auprès des senateurs francais. Ils remercient l'Azerbaïdjan pour ses
efforts dans cette direction. Pour remercier Bakou, ils ont donne
une reception pour les senateurs qui ont signe le recours au Conseil
constitutionnel. Je ne pense pas que dans aucun autre pays europeen,
de telles pratiques sont les bienvenues. Je veux souligner a nouveau
que la nouvelle loi - votee par la majorite ecrasante du peuple de
France, merite le respect.
" Der Standard " : Les relations armeno-turques ont ete relativement
bonnes, si on observe et regarde la rencontre des deux presidents -
Gul et Sarkissian - a Erevan et a Bursa en Octobre 2009 a l'occasion
des matches de qualification de la Coupe du Monde... Pourquoi ne pas
creer une commission conjointe d'historiens, pour laquelle la Turquie,
selon ses propres mots, est très interessee ?
Nalbandian : Ce n'est pas le cas. Avant l'initiative du President de
l'Armenie les relations armeno-turques etaient dans une impasse. Nous
avons essaye de reduire cette impasse. En ce qui concerne la deuxième
partie de votre question, il a ete convenu ce qui suit : après
l'ouverture des frontières, l'etablissement de relations diplomatiques
etablissant une commission intergouvernementale devait fonctionner
selon un certain nombre de sous-comites. L'un d'eux - n'est pas un
sous-comite d'historiens, qui devait discuter de l'authenticite du
genocide armenien, comme essaie de le presenter la partie turque. Son
seul but etait d'etablir le dialogue, y compris au plan historique,
pour retablir la confiance entre les deux nations. Le fait du
genocide armenien est reconnu par de nombreux pays et organisations
internationales, il est non-negociable. Pouvez-vous imaginer que
les Juifs soient invites a participer a un debat pour discuter de
l'authenticite de l'Holocauste ?
" Der Standard " : Le conteste problème du Karabakh fait partie des
conflits dits geles. Il n'y a aucun progrès. Le principal obstacle
a la solution du problème est que l'Armenie a occupe une partie
importante du territoire azerbaïdjanais.
Nalbandian : En reponse a l'agression de l'Azerbaïdjan, des Forces
d'autodefense, afin de garantir la securite physique des personnes, ont
ete forcees de former une zone tampon autour du Karabakh. Le retour aux
terres est l'un des elements du paquet de negociation global presente
par le Groupe de Minsk de l'OSCE (Etats-Unis, France, Russie). Mais
l'Azerbaïdjan se concentre uniquement sur le retour des territoires,
et court-circuite tous les autres aspects des propositions en reponse
a la secretaire d'Etat americaine Hillary Clinton en 2010 a Astana,
au nom des trois co-presidents, elle a declare que tous les principes
et les elements des propositions sont concus en une seule entite et
ne peuvent etre disjoints. Donner la preference a un seul d'entre
eux est inacceptable.
Jean Eckian
armenews.com
jeudi 1er mars 2012
Le ministre des Affaires etrangères, Edward Nalbandian a accorde une
interview au journal autrichien " Der Standard " deux jours avant
l'annonce du Conseil constitutionnel.
" Der Standard " : le Parlement francais a adopte recemment une loi qui
criminalise la negation du genocide, y compris la negation du massacre
des Armeniens dans l'Empire ottoman. Si l'Armenie examine cette loi
comme un modèle, qui devrait en prendre exemple dans d'autres pays
comme l'Autriche ?
Nalbandian : Modèle ou pas, je ne sais pas. De toute facon, je suis sûr
que, tant qu'il y a une politique d'Etat de deni du genocide armenien
en Turquie, de telles decisions seront prises par d'autres pays. Ceci
est un genocide - un crime contre l'humanite, il est reconnu comme
un genocide par de nombreux pays et organisations internationales. La
negation du genocide recoit une reponse appropriee. La France a adopte
une loi refletant les sentiments du peuple francais, l'opinion du
peuple. Je le sais depuis et après avoir ete ambassadeur en France.
" Der Standard " : En se referant a l'importante diaspora armenienne
en France, les critiques attribuees a l'adoption de la loi ont eu
une influence sur les elections presidentielles en France.
Nalbandian : Non, ce n'est pas le cas. La loi a le plein appui du
President de la France, le gouvernement, les principales forces
politiques en France. Que ce soit droite ou a gauche, le projet de
loi a ete vote et adopte par l'Assemblee nationale et le Senat. Ainsi,
l'adoption de la loi reflète l'opinion de tous les peuples de France.
La meme chose s'est produite en 2001 quand une loi a ete adoptee
reconnaissant le genocide armenien.
" Der Standard " : Un groupe de senateurs et de deputes ont fait appel,
après l'adoption de la loi, au Conseil constitutionnel, qui doit
statuer sur la conformite de la loi a la Constitution. La raison -
menace de la deterioration des relations avec la Turquie. Est-ce que
l'adoption de cette loi n'est pas contre-productive pour l'Armenie,
precisement au moment où elle fait des efforts pour creer de bonnes
relations avec la Turquie ?
Nalbandian : En premier lieu, cette loi n'a rien a voir avec le
règlement des relations armeno-turques. Si quelque chose a interfere
dans les relations armeno-turques, la responsabilite en revient a
l'approche de la partie turque. La partie turque après la signature des
protocoles a Zurich a pris un peu de recul, en refusant d'appliquer
les accords. La communaute internationale estime que la balle est
du côte turc en la matière. [En Avril 2010 le President armenien a
gele le processus de ratification du protocole sur l'etablissement
de relations diplomatiques entre les deux pays et l'ouverture des
frontières, signe en Octobre 2009. A Zurich, il avait dit que la
Turquie a toujours refuse de ratifier et d'appliquer les protocoles
en raison de conditions prealables]
" Der Standard " : Le recours aux Sages du Conseil constitutionnel
qui, en depit de l'approbation de la communaute en general, demeure
une loi controversee sur le genocide.
Nalbandian : Je ne pense pas que s'ingerer dans la decision du Conseil
constitutionnel serait un droit, c'est ce que la partie turque essaie
de faire. Ils se vantent de realiser un travail de lobbying efficace
auprès des senateurs francais. Ils remercient l'Azerbaïdjan pour ses
efforts dans cette direction. Pour remercier Bakou, ils ont donne
une reception pour les senateurs qui ont signe le recours au Conseil
constitutionnel. Je ne pense pas que dans aucun autre pays europeen,
de telles pratiques sont les bienvenues. Je veux souligner a nouveau
que la nouvelle loi - votee par la majorite ecrasante du peuple de
France, merite le respect.
" Der Standard " : Les relations armeno-turques ont ete relativement
bonnes, si on observe et regarde la rencontre des deux presidents -
Gul et Sarkissian - a Erevan et a Bursa en Octobre 2009 a l'occasion
des matches de qualification de la Coupe du Monde... Pourquoi ne pas
creer une commission conjointe d'historiens, pour laquelle la Turquie,
selon ses propres mots, est très interessee ?
Nalbandian : Ce n'est pas le cas. Avant l'initiative du President de
l'Armenie les relations armeno-turques etaient dans une impasse. Nous
avons essaye de reduire cette impasse. En ce qui concerne la deuxième
partie de votre question, il a ete convenu ce qui suit : après
l'ouverture des frontières, l'etablissement de relations diplomatiques
etablissant une commission intergouvernementale devait fonctionner
selon un certain nombre de sous-comites. L'un d'eux - n'est pas un
sous-comite d'historiens, qui devait discuter de l'authenticite du
genocide armenien, comme essaie de le presenter la partie turque. Son
seul but etait d'etablir le dialogue, y compris au plan historique,
pour retablir la confiance entre les deux nations. Le fait du
genocide armenien est reconnu par de nombreux pays et organisations
internationales, il est non-negociable. Pouvez-vous imaginer que
les Juifs soient invites a participer a un debat pour discuter de
l'authenticite de l'Holocauste ?
" Der Standard " : Le conteste problème du Karabakh fait partie des
conflits dits geles. Il n'y a aucun progrès. Le principal obstacle
a la solution du problème est que l'Armenie a occupe une partie
importante du territoire azerbaïdjanais.
Nalbandian : En reponse a l'agression de l'Azerbaïdjan, des Forces
d'autodefense, afin de garantir la securite physique des personnes, ont
ete forcees de former une zone tampon autour du Karabakh. Le retour aux
terres est l'un des elements du paquet de negociation global presente
par le Groupe de Minsk de l'OSCE (Etats-Unis, France, Russie). Mais
l'Azerbaïdjan se concentre uniquement sur le retour des territoires,
et court-circuite tous les autres aspects des propositions en reponse
a la secretaire d'Etat americaine Hillary Clinton en 2010 a Astana,
au nom des trois co-presidents, elle a declare que tous les principes
et les elements des propositions sont concus en une seule entite et
ne peuvent etre disjoints. Donner la preference a un seul d'entre
eux est inacceptable.